1. Votre rôle n’est pas celui du professeur
À l’école primaire, l’anglais s’apprend d’abord à l’oreille : écouter, comprendre, répéter, oser dire. Ce dont votre enfant manque le plus, ce n’est pas d’explications, c’est d’occasions : entendre la langue plus souvent qu’une heure et demie par semaine, et la parler devant quelqu’un que ça intéresse.
Ces deux choses-là, vous pouvez les lui donner sans connaître un mot d’anglais. Le professeur apporte la langue ; vous apportez la régularité et le public.
À cet âge, cinq minutes d’anglais trois fois par semaine, avec quelqu’un qui écoute, comptent davantage qu’une longue séance de temps en temps.
2. Laissez l’enregistrement prononcer
Si vous n’êtes pas sûr de votre prononciation, ne prononcez pas à la place de l’enregistrement : votre enfant copierait votre accent. Utilisez une voix enregistrée — une chanson, un livre audio, une application qui prononce chaque mot — et écoutez-la avec lui.
Quand il prononce un mot de travers, ne le corrigez pas vous-même. Faites réécouter, puis demandez :
« Écoute encore. Est-ce que tu dis pareil ? »
L’enfant compare et se corrige seul. C’est plus efficace qu’une correction, et c’est exactement ce qu’on lui demandera plus tard au collège.
3. Devenez l’élève de votre enfant
C’est la technique la plus simple et la plus puissante : demandez-lui de vous apprendre ce qu’il a vu en classe. Pour vous l’enseigner, il doit le retrouver, le dire, et vérifier que vous l’avez bien compris. Il travaille trois fois plus que s’il récitait — et il en est très fier.
Faites-vous corriger, posez des questions naïves (« et chien, comment on dit ? »), trompez-vous de temps en temps. Il adorera vous reprendre.
4. Cinq activités de cinq minutes
- La chanson du moment. Celle qu’il apprend en classe, écoutée deux ou trois fois dans la voiture ou en préparant le repas. Les chansons fixent la prononciation et le rythme mieux que tout le reste.
- « Simon says ». « Simon says: touch your nose! » Il exécute seulement si la phrase commence par Simon says. Les consignes de la classe deviennent un jeu — et c’est vous qui pouvez lire les ordres sur une liste.
- Compter en anglais. Les marches de l’escalier, les fourchettes à mettre sur la table, les voitures rouges sur le trajet de l’école.
- Les cartes images. Une dizaine de dessins (animaux, couleurs, fruits) : vous montrez, il nomme. Puis l’inverse : il dit le mot, vous montrez la bonne carte.
- Un dessin animé déjà connu. Un épisode court qu’il a déjà vu en français, regardé en anglais. Il comprend l’histoire, donc il peut se concentrer sur les mots. Revu deux ou trois fois, c’est encore mieux.
- Demandez : « Qu’est-ce que tu as appris en anglais cette semaine ? »
- Faites-vous apprendre trois mots, et répétez-les mal exprès une fois.
- Terminez par une chanson qu’il connaît.
Pas plus : on s’arrête pendant que c’est encore un plaisir.
5. Ce qu’il vaut mieux éviter
Faire apprendre des listes de mots écrits
À l’école primaire, un mot appris par l’écrit est presque toujours mal prononcé et mal reconnu à l’oral. Le mot s’entend et se dit d’abord ; l’écrit viendra.
Traduire mot à mot
« How are you? » ne veut pas dire « Comment êtes-vous ? », mais « Comment ça va ? ». Les phrases toutes faites s’apprennent en bloc, avec la situation qui va avec.
Interrompre pour corriger
Un enfant qu’on corrige à chaque phrase finit par ne plus rien dire. À cet âge, on préfère qu’il parle avec des erreurs plutôt qu’il se taise sans en faire.
6. Comment savoir s’il progresse
Ne vous fiez pas au nombre de mots qu’il sait écrire. Regardez plutôt s’il :
- réagit sans traduire à une consigne simple (Sit down, please) ;
- répond spontanément à How are you? ou How old are you? ;
- reconnaît un mot connu dans une chanson ou un dessin animé ;
- a envie de vous apprendre ce qu’il a vu en classe.
Ce dernier point est le plus important. À 7 ou 8 ans, un enfant qui aime parler anglais aura toutes les années de collège pour l’écrire correctement.